Première baisse des effectifs de la fonction publique fédérale en 10 ans
Les effectifs de la fonction publique fédérale ont diminué pour la première fois depuis 2015. Près de 10 000 emplois ont été supprimés au cours de l'année dernière, selon de nouvelles données publiées par le Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT). Sur les 9807 emplois supprimés entre 2024 et 2025, une grande majorité – 7051, soit 72 % – se trouve dans des agences fédérales telles que Parcs Canada, la Commission de la capitale nationale et l'Agence du revenu du Canada (ARC). Le reste – 2756, soit 28 % – relève de l'administration publique centrale. En mars 2024, 367 772 fonctionnaires fédéraux étaient employés par les agences et l'administration fédérales. Un an plus tard, ce nombre est passé à 357 965, soit une diminution de 2,6 % de l'effectif global. Ces données n'incluent pas les membres de la Gendarmerie royale du Canada, des Forces armées canadiennes et de quelques autres employeurs fédéraux. Radio-Canada a contacté le Secrétariat du Conseil du Trésor pour savoir combien d'emplois perdus se trouvaient à Ottawa et à Gatineau, mais n'avait pas encore reçu cette information au moment de publier ce texte. La dernière diminution de la fonction publique fédérale remonte à 10 ans. Il y avait 262 817 fonctionnaires en 2013, puis 257 138 en 2014 et 257 034 en 2015. Ensuite, le nombre de fonctionnaires a augmenté régulièrement jusqu'à aujourd'hui. De 2015 à 2025, les effectifs de la fonction publique fédérale ont augmenté de 100 931 personnes. En novembre, le Conseil du Trésor a informé les syndicats de la fonction publique qu'il demandait aux ministères de réduire leurs dépenses afin d'atteindre des objectifs d'économies de 15 milliards de dollars sur 4 ans. Les syndicats avaient alors alerté que des suppressions d'emplois étaient à venir. Les réductions d’effectifs n'ont pas été réparties de façon uniforme entre les ministères et les agences. La plupart des plus récentes ont eu lieu à l'Agence de revenu du Canada (ARC) où 6656 emplois ont été supprimés, laissant l'agence fiscale avec 52 499 employés. L'ARC a annoncé des séries de licenciements au cours de l'année écoulée, et d'autres viennent d'être annoncées cette semaine, principalement à Ottawa. Dans une réponse écrite, le Secrétariat du Conseil du Trésor explique qu'il revient aux administrateurs généraux Parmi les principaux ministères, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a également subi une perte de 1944 employés. Ses effectifs sont désormais de 11 148 travailleurs. Quelques ministères et agences ont toutefois vu leurs effectifs augmenter par rapport à l'année dernière, comme Ressources naturelles Canada, qui a gagné 293 employés, la Défense nationale, 381 employés, Affaires mondiales Canada, 218 employés, et le Centre de la sécurité des télécommunications, 196 employés. Au cours de la récente campagne électorale fédérale, le premier ministre Mark Carney et le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre ont tous deux promis de mettre fin aux dépenses inutiles dans la fonction publique fédérale. Il y a des gens qui ne sont pas encore nés qui vont payer les intérêts des choix qu'on a faits. Le maire d'Ottawa, Mark Sutcliffe, de son côté, rappelle que le gouvernement fédéral est Dans une déclaration écrite, l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) regrette le manque de L'Alliance de la Fonction publique du Canada souhaite rappeler au gouvernement son engagement de plafonner, et non de réduire les effectifs de l'appareil gouvernemental. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin Le Secrétariat du Conseil du Trésor répond par écrit que Dans son programme électoral, le Parti libéral du Canada s’engageait à plafonner, et non à réduire les effectifs de l’appareil gouvernemental et à mettre l'accent sur l'utilisation de l'intelligence artificielle. Une nuance que relève l’Alliance. Avec les informations d'Estelle Côté-Sroka et de Gabrielle Huston, de CBC News
Population de la fonction publique fédérale du Canada
Année Population de la fonction publique fédérale 2015 257 034 2016 258 979 2017 262 969 2018 273 571 2019 287 983 2020 300 450 2021 319 601 2022 335 957 2023 357 247 2024 367 772 2025 357 965 On pouvait s'y attendre
, relève le professeur titulaire à l'École nationale d'administration publique Étienne Charbonneau. [C'est juste que] ça fait longtemps, on n'a plus l'habitude de voir des compressions comme ça.
L'ARC est la plus touchée
d'ajuster leurs effectifs respectifs en fonction de leurs besoins
. Par exemple, les effectifs ont augmenté dans certains ministères pendant la pandémie de COVID-19 pour appuyer les programmes d’intervention d’urgence et de relance. À mesure que ces besoins ont diminué, les effectifs ont été ajustés en conséquence
, rappelle le SCT.Promesse de campagne
On a eu un moment où on avait le pire de tous les mondes
, rappelle le professeur Charbonneau. On avait des dépenses gouvernementales qui augmentaient très rapidement, un nombre d'employés qui augmentait plus rapidement que la population, puis un nombre de consultants qui augmentait très rapidement, donc ce n'est pas soutenable financièrement.
l'employeur le plus significatif
dans la capitale fédérale. Ces réductions ont un impact sur Ottawa, sur notre économie
, dit-il. Il nous faut un plan avec le gouvernement fédéral pour une transition pour Ottawa, pour les employés qui sont déplacés par ces décisions, pour le centre-ville, pour le transport en commun. Nous devons travailler ensemble pour trouver des solutions
, insiste M. Sutcliffe.planification pangouvernementale
.Comment le gouvernement peut-il décider où réduire ou investir sans une analyse approfondie des services dont la population canadienne a besoin et de la façon la plus efficace de les fournir?
, questionne l’AFPC.
le gouvernement s'est engagé à gérer de manière responsable la taille et la composition de la fonction publique afin de continuer à fournir efficacement les services auxquels les Canadiens et les Canadiennes s’attendent
.Le Premier ministre Carney et son gouvernement doivent tenir parole et cesser de réduire drastiquement les services dont dépendent les citoyens.
Il est inacceptable que les fonctionnaires fédéraux reçoivent un avis de suppression d'emploi sans preuves solides justifiant ces réductions arbitraires de personnel.
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